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© Isolateur en verre. Maison de la Science ULiège

Les isolateurs en verre, aux formes et tailles variées, ont dominé les réseaux électriques et de télécommunication durant une bonne partie du 20e siècle. La plupart des pièces exposées à la Maison de la science proviennent de la verrerie de Folembray (à une centaine de kilomètres au nord de Paris), l’une des plus anciennes de France, fondée au tout début du 18e siècle.

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© Isolateurs en verre. Collections de la Maison de la Science ULiège

À l’origine, la verrerie se spécialise dans la fabrication de bouteilles solides, adaptées à la conservation d’un vin pétillant alors en plein essor : le Champagne. Ce dernier, redouté des vignerons, était surnommé « vin du diable » ou « saute-bouchon » à cause de sa tendance à faire exploser les bouteilles sous la pression.  Le procédé de recuisson continue et de contrôle du recuit par lumière polarisée mis au point à Folembray permet de fabriquer des bouteilles particulièrement résistantes appelées thévenottes (du nom de Gustave Thévenot, directeur-fondateur de la verrerie). À la fin du 19e siècle, Folembray fabrique plus de 12 millions de bouteilles par an et se positionne comme le principal fournisseur des vignerons champenois. L’usine produit aussi des bouteilles à bière et du verre de laboratoire particulièrement résistant à la chaleur.

Dès 1899, présageant l’essor de l’électricité, le directeur de la verrerie oriente la production vers une tout autre spécialité : les isolateurs. En effet, la solidité et la capacité d’isolation électrique du verre de Folembray en fait un matériau de choix pour les lignes à haute tension et les réseaux télégraphiques. En isolant les câbles électriques des poteaux et pilônes, il empêche le courant de se diriger vers le sol.

Les principaux avantages du verre de Folembray sont, outre son coût de fabrication très bas, sa composition chimique ultra-dense et sa forte teneur en silice qui lui confère une excellente résistance électrique, ainsi que sa résistance mécanique exceptionnelle qui lui permettent de supporter des températures extrêmes et de fortes tractions mécaniques.

Folembray s’est rapidement dotée d’un laboratoire de tests où on provoquait artificiellement des arcs électriques de plusieurs dizaines de milliers de volts pour vérifier la résistance des isolateurs.

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© Trois isolateurs en verre. Collections de la Maison de la Science ULiège

Il existe de nombreuses formes d'isolateurs pour répondre à toutes sortes de contraintes électriques, mécaniques et environnementales. Ceux fabriqués dans l’usine de Folembray sont estampillés. Ils sont généralement verts ou bleu-vert en raison de la présence d’oxyde de fer dans le sable utilisé pour fabriquer le verre.

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© Estampillage de Folembray. Maison de la Science

Avec l’apparition des câbles isolés modernes, les isolateurs de verre ont peu à peu disparu… mais ces objets demeurent les témoins d’une brillante reconversion. Ils sont très recherchés actuellement par les amateurs. Dès l’abandon de lignes télégraphiques, des collectionneurs ont récupéré les isolateurs encore en place, recherchant particulièrement des modèles et couleurs inhabituels.

 

Le modèle BB

Un des modèles d’isolateurs les plus emblématiques de Folembray est le modèle BB n°4390, surnommé « le Bébé ». Cet isolateur est fabriqué en verre vert translucide moulé-pressé, à 3 cloches. Il mesure 39 cm et pèse 25 kg. On l'utilise très fréquemment au début du 20e siècle, notamment sur les lignes à très haute tension.

Dans l’église de Folembray, un vitrail montre les ouvriers verriers fabriquant un isolateur BB. À leurs pieds, on reconnaît une thévenotte, une bouteille à bière et un récipient en verre de laboratoire.

vitrail Folembray

© Vitraux de l'église de Folembray. Photos Cédric Maillard. www.folembray.net

 

Les collections de la Maison de la Science 

 

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