fluorite de Seilles

© Trois échantillons de fluorite de Seilles. La plus grande gemme mesure 4 cm de côté. Echantillons ULiège n° 22706 (don S. Philippo), © A. Bouvy.

Les minéraux se forment dans les profondeurs terrestres. Pour qu'ils se transforment en cristaux, il faut des conditions géologiques relativement rares et une très longue période de temps. Ces cristaux, caractérisés par la présence de faces planes, peuvent parfois atteindre de grandes tailles. Quand ils sont bien transparents et présentent des qualités esthétiques suffisantes, ils peuvent être taillés ou polis et servir ainsi à l'ornementation ou à la fabrication de bijoux.

Ces minéraux exceptionnels, qu’on appelle gemmes, sont classés en deux catégories : les quatre pierres précieuses, de très grande valeur - le diamant, le rubis, le saphir et l’émeraude - et les pierres semi-précieuses qui comprennent une vingtaine d'espèces minérales et leurs nombreuses variétés : améthyste, aigue-marine, turquoise, grenat, péridot, tourmaline, agate, quartz, zircon, opale...

Pas de diamant en Belgique

En Belgique, on ne peut trouver ni diamant ni rubis ! Toutefois, les roches ardennaises recèlent quelques pierres semi-précieuses. Malheureusement, elles sont rarement de très grande qualité.

Le grenat, par exemple, est bien présent dans plusieurs gisements ardennais, notamment dans la région entre Bastogne et Bertrix, mais le plus gros cristal découvert ne dépasse pas 11 mm de diamètre et ne montre pas de belle transparence. La tourmaline est également connue à Remagne, mais elle y forme de petits cristaux fibreux noirs, ce qui ne permet pas d'en extraire des gemmes de belle qualité.

Les plus beaux cristaux limpides, découverts dans notre pays, sont la calcite et la fluorite. La calcite, qui présente de belles couleurs miel, est trop fragile pour être taillée. Quant à la fluorite, à peine plus dure, elle a fourni quelques gemmes atteignant 2 à 3 cm de diamètre, mais trop cassantes pour servir d’ornementation. Les collections de minéralogie de l’ULiège en possèdent quelques exemplaires remarquables, provenant du gisement de Seilles, près d'Andenne (Voir photo ci-dessus).

De très beaux quartz

Au final, la seule pierre semi-précieuse qui pourrait être exploitée en Belgique est le quartz.

Les variétés de quartz rencontrées dans notre pays sont principalement le cristal de roche incolore et le quartz fumé.

Le quartz est assez fréquent dans plusieurs types de gisements. Citons par exemple les quartz de Sarolay et de Cheratte, près de Visé, les beaux échantillons fumés de Bastogne, ou encore les cristaux remarquables de Nil-Saint-Vincent.  

Les cristaux de quartz de plus grande taille proviennent de Marvie près de Bastogne, ils peuvent atteindre 30 cm. On a aussi découvert récemment à Bierghes des assemblages spectaculaires de cristaux atteignant individuellement 10 à 15 cm de longueur. 

 quartz

© À gauche : Cristal de quartz fumé provenant de Cheratte, près de Visé. Longueur de la photo 10 cm, échantillon ULiège n° 11054, © A. Bouvy - À droite : Agrégat de cristaux de quartz (variété cristal de roche) provenant de Bierghes. Longueur de la photo 12 cm, échantillon ULiège n° 20440, © JM. Bourdoux.

La variété de quartz appelée améthyste présente une belle couleur mauve caractéristique. Elle est très appréciée en ornementation et en joaillerie. On l’a régulièrement utilisée pour l'orfèvrerie religieuse (Figure 4) puisque sa teinte correspond à celle des attributs épiscopaux.

croix-reliquaire

© Cabochons en améthyste ornant la croix-reliquaire à double traverse du Trésor de la Cathédrale de Liège. Longueur de la photo 8 cm © F. Hatert. 

En Belgique, de remarquables cristaux d’améthyste ont été découverts en 1988 à Salmchâteau, près de Vielsalm. Le Laboratoire de Minéralogie de l'ULiège a la chance d'en posséder un petit cristal isolé. 

Améthyste de Salmchateau

© Cristal d'améthyste isolé provenant de Salmchâteau. On distingue un fantôme de couleur violette plus intense, à l'intérieur du cristal. Longueur du cristal 13 mm, échantillon ULiège n° 20056 (donation J. Graulich) © A. Bouvy.

L'échantillon le plus remarquable d'améthyste de Salmchâteau est incontestablement celui que possédait Francis Coune, un des découvreurs du gisement. Ce trésor magnifique, d'approximativement 3 cm de longueur, est constitué de trois cristaux groupés, dont l'extrémité est en améthyste et la base en cristal de roche (Figure 6). Le plus gros présente la morphologie typique du sceptre (extrémité supérieure élargie), alors que celui de taille intermédiaire montre plutôt un sceptre inversé (extrémité supérieure amincie). À la base des cristaux on retrouve de petites mouchetures verdâtres constituées de turquoise. L'esthétique parfaite de ce bijou de la Nature en a fait un emblème de la minéralogie belge, et pendant une vingtaine d'années, il fut la vedette de la bourse "Interminéral" de Liège, dont il ornait les affiches. 

Francis Coune, a récemment fait don de cet échantillon exceptionnel au Laboratoire de Minéralogie de l’ULiège, qui lui en est extrêmement reconnaissant. Il est désormais exposé dans la salle Cesàro, parmi les minéraux les plus remarquables de la collection.

Groupement de cristaux d'améthyste de Salmchâteau

© Groupement de cristaux d'améthyste de Salmchâteau. Longueur 3 cm, échantillon ULiège n° 22539 (don F. Coune, Y. Tossings, M. Houssa), © A. Bouvy.

 

Les collections du Laboratoire de Minéralogie

 

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modifié le 09/06/2026

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